(FR) L’art pour briser le silence autour du suicide

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À travers un appel à la création lancé avec Nadège Bodart et Jean-Louis Tasiaux, parents de Lucie, l’association Un pass dans l’impasse a invité de jeunes artistes, des écoles, des associations et des collectifs à imaginer une œuvre capable de rendre visible l’invisible.

L’objectif était clair : sensibiliser sans choquer, libérer la parole, éveiller les consciences et encourager chacun à agir face à la détresse d’un proche.

Une mobilisation née d’une rencontre

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En Belgique, le suicide constitue la première cause de mortalité chez les personnes âgées de 10 à 54 ans. Chaque jour, cinq personnes décèdent par suicide. Chez les jeunes âgés de 10 à 24 ans, deux décès sont enregistrés chaque semaine, tandis que les tentatives sont quinze à vingt fois plus nombreuses.

Derrière ces chiffres se trouvent des vies, des histoires, des proches et des familles.

« L’art, c’est la parole au-delà des mots. »

Le projet lauréat

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Une installation immersive imaginée par Éline Verbrugghen

Le projet sélectionné par le jury a été imaginé par la jeune artiste Éline Verbrugghen, à partir de son propre parcours en santé mentale et de sa volonté de contribuer à une meilleure compréhension des idées suicidaires.

L’œuvre prend la forme d’une installation immersive de deux mètres de haut et d’environ 1,40 mètre de large. Le public est invité à la traverser, comme on traverse une période de fragilité, une épreuve ou une impasse.

Le passage créé au centre de l’installation rappelle que la souffrance psychique peut concerner chacun et chacune, quels que soient l’âge, le parcours, la situation sociale ou les convictions. Les personnages représentés sont volontairement non genrés afin que chaque personne puisse s’y reconnaître.

De l’incompréhension vers l’espoir

Les illustrations placées sur les faces extérieures abordent les pensées intrusives, les idées noires et le sentiment d’être dépassé par ce qui envahit l’esprit.

À l’intérieur, le ton évolue. Les représentations parlent du deuil, de la mémoire, du recueillement, mais aussi de l’espoir et des ressources vers lesquelles il est possible de se tourner.

L’œuvre ne propose pas une lecture unique. Elle invite chacun à avancer à son rythme, à ressentir, à comprendre et, peut-être, à ouvrir le dialogue.

Elle a également été pensée pour être accessible aux personnes à mobilité réduite et facilement transportable afin de pouvoir être présentée dans différents lieux.

Les autres projets proposés

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Toutes les candidatures reçues ont témoigné d’une grande sensibilité, d’un engagement profond et d’une volonté commune : faire reculer le silence qui entoure encore trop souvent la souffrance psychique et le suicide.

Le choix d’un projet lauréat n’efface pas la force des autres propositions. Chacune porte une parole, un regard et un message qui méritent d’être partagés.

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    Institut Technique Libre d’Ath et Institut Technique d’Enseignement Secondaire Spécialisé d’Ath

    « La Vie devant Nous » est une création collective réunissant des élèves de l’enseignement technique, professionnel et spécialisé.

    Le projet est né d’un travail de réflexion mené dans les classes de soudure, de peinture et d’éducation artistique. Après avoir découvert un texte consacré au suicide chez les jeunes, les élèves ont été invités à traduire librement leurs émotions par le dessin. Deux propositions ont ensuite été réunies pour donner naissance à une seule œuvre.

    La sculpture part d’un socle massif évoquant la lourdeur et la charge psychologique que certaines personnes peuvent ressentir. Au-dessus de celui-ci, une structure métallique semblable à une cage s’ouvre progressivement pour laisser émerger une branche et un cœur ailé.

    Les cicatrices visibles sur le cœur représentent la résilience : elles ne sont pas effacées, mais deviennent une partie de l’histoire. Les ailes symbolisent quant à elles l’aide, la rencontre, l’écoute ou le geste qui permet de sortir de l’enfermement et de se diriger vers l’espoir.

    Le titre rappelle que la vie se construit et se reconstruit également à plusieurs. Il porte un message de solidarité et d’espérance, né de la rencontre entre deux écoles qui ont choisi de créer ensemble au-delà de leurs différences.

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    Élèves de 5e année, section aide-soignant·e, Collège de la Lys à Comines

    Les élèves du Collège de la Lys ont imaginé une installation participative articulée autour d’une grande affiche de prévention.

    Au centre de celle-ci, un jeune semble suspendu dans le vide. Autour de lui, des mains tendues et des messages d’espoir rappellent qu’une présence, une parole ou un geste peuvent aider une personne à ne pas rester seule face à sa souffrance.

    Pour construire ces messages, les élèves ont diffusé un questionnaire anonyme auprès des jeunes et du personnel de leur établissement. Cette démarche leur a permis de partir des besoins et des mots exprimés directement par leur communauté scolaire.

    L’installation prévoyait également des bougies LED ainsi qu’un « livre des étoiles », dans lequel les personnes touchées par le suicide d’un proche pouvaient laisser un message ou rendre hommage à la personne disparue.

    Ce projet réunit ainsi prévention, solidarité et mémoire dans un dispositif accessible à tous.

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    Institut Saint-Henri à Comines

    À travers le projet « Dans l’ombre d’un sourire », les élèves ont choisi le format audiovisuel pour aborder le harcèlement scolaire, l’isolement et le mal-être adolescent.

    Le scénario suit Lina, une élève de 13 ans souffrant de bégaiement. Bonne élève et particulièrement discrète, elle est victime de harcèlement sans que sa souffrance ne soit immédiatement repérée par son entourage. Ses résultats scolaires rassurent les adultes, tandis que les humiliations qu’elle subit restent largement invisibles.

    Jour après jour, Lina s’isole. La situation évolue lorsqu’un autre élève remarque sa détresse et décide d’alerter une éducatrice.

    Le projet rappelle que la souffrance ne se manifeste pas toujours de manière évidente et qu’un témoin attentif peut contribuer à changer une trajectoire.

    « Un mot peut blesser. Un mot peut sauver. »

    Les vidéos encouragent les jeunes à parler, à écouter et à solliciter un adulte de confiance lorsqu’ils s’inquiètent pour eux-mêmes ou pour une autre personne.

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    Échos de Vie est un projet d’Un pass dans l’impasse, soutenu par la Fondation P&V, qui place les jeunes au cœur de la prévention du suicide. À travers différents ateliers, ils ont été invités à partager leurs réalités et à imaginer leurs propres actions de sensibilisation.

    Un slam créé par les jeunes

    Parmi ces réalisations, un atelier animé par les deux slameuses professionnelles Pincée de Coco et Cox a permis aux jeunes de mettre des mots sur leurs vécus et de créer ensemble un slam autour de la santé mentale et de la prévention du suicide.

    Découvrez leur création ↓

Créer pour rendre la parole possible

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Ces différents projets montrent que la prévention du suicide ne repose pas uniquement sur les professionnels de la santé mentale.

Elle peut aussi prendre naissance dans une salle de classe, un atelier, un dessin, une sculpture, une vidéo ou une conversation.

En donnant aux jeunes un espace pour créer, réfléchir et s’exprimer, l’art devient un véritable outil de sensibilisation. Il permet d’aborder la souffrance avec délicatesse, de rendre visibles certaines réalités et de rappeler que demander de l’aide n’est jamais un signe de faiblesse.

Chaque œuvre présentée ici porte le même message :

Personne ne devrait rester seul face à l’impasse.

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